Pour les personnes allergiques aux acariens, le voyage expose à des literies in connues souvent chargées en allèrgènes Der p1 et Der p2. 6 mesures clés :
1) emporter une housse d'oreiller anti-acariens validée CHU
2) choisir un hébergement aux normes d'hygiène strictes (lavage 60 °C)
3) aérer la chambre 15-20 min dès l'arrivée
4) refuser plumes et duvet
5) ranger les vêtements dans des sacs fermés
6) laver le linge à 60 °C au retour.
Astuce science : au-delà de 1500-1800 m d'altitude, les acariens disparaissent quasi-totalement (Vervloet 1982) — les séjours en montagne sont historiquement recommandés aux asthmatiques allergiques.
Pourquoi le voyage peut aggraver l'allergie aux acariens
L'allergie aux acariens domestiques (Dermatophagoides pteronyssinus, D. farinae) repose sur une exposition continue aux allèrgènes Der p1 et Der p2 contenus dans la poussière de literie. En voyage, plusieurs facteurs convergent pour aggraver les symptômes :
-
Literie inconnue : matelas et oreillers d'hôtel ou de location parfois anciens, charge allèrgénique potentiellement élevée
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Climat humide ou chaud : favorise la prolifération (acariens prospèrent à 20-25 °C et > 65 % d'humidité)
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Couettes et oreillers en plumes ou duvet : retiennent davantage les allèrgènes, non lavables à 60 °C
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Tapis, moquettes épaisses, rideaux lourds : réservoirs d'allèrgènes
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Décalage horaire, fatigue, stress : affaiblissent transitoirement les mécanismes de régulation immunitaire
- Arrêt prématuré du traitement de fond (antihistaminiques, corticoïdes nasaux) pendant les vacances
Risques selon le type d'hébergement
| Hébergement | Risque allèrgénique | Points d'attention |
|---|---|---|
| Refuge ou gîte de haute montagne > 1500 m | Très faible | Acariens quasi-absents en altitude (Vervloet 1982) |
| Hôtel haut de gamme avec literie neuve | Faible à modéré | Lavage 60 °C, matelas récents, parfois housses anti-acariens déjà en place |
| Croisière moderne | Faible à modéré | Climatisation réduit humidité, protocoles d'hygiène stricts |
| Hôtel économique standard | Modéré | Matelas potentiellement anciens, qualité de lavage variable |
| Location particulière / Airbnb | Variable | Très dépendant du propriétaire ; vérifier les avis |
| Famille / amis | Variable | Demander une chambre sans tapis et literie lavée récemment à 60 °C |
| Climat tropical / humide | Élevé | Humidité > 70 %, prolifération rapide |
| Camping, tente, refuge de basse altitude | Élevé | Matériel partagé, peu lavé |
6 astuces pratiques pour préserver son sommeil en voyage
1. Apporter sa propre housse d'oreiller anti-acariens
L'oreiller est le contact direct avec votre visage et vos voies respiratoires pendant 7 à 8 heures par nuit. Une housse d'oreiller anti-acariens (50 × 70 cm ou 65 × 65 cm) tient dans un coin de valise et offre une barrière mécanique immédiate sur l'oreiller de l'hôtel.
Glisser également une taie d'oreiller habituelle par-dessus pour le confort. Au retour, lavez à 60 °C.
À défaut, certains voyageurs allergiques choisissent une housse de matelas pliable ou un drap-housse anti-acariens à glisser sur la literie de l'hôtel. Voir notre comparatif des marques citées par le CHU de Nantes.
2. Choisir un hébergement aux normes d'hygiène strictes
Avant la réservation, vérifier :
- Qualité du ménage dans les avis récents (moteurs de recherche : « propreté », « matelas », « oreiller », « allergique »)
- Fréquence du lavage : lavage à 60 °C entre chaque client est l'idéal
- Présence de housses anti-acariens (rare, mais certains établissements spécialisés allergie en proposent)
- Sols durs (carrelage, parquet) plutôt que moquette dans la chambre
Au besoin, contactez directement l'hôtel : la majorité des établissements 3-4-5 étoiles peuvent répondre à une demande spécifique d'allergique (chambre sans moquette, literie synthétique).
3. Aérer la chambre dès l'arrivée
Ouvrir les fenêtres pendant 15 à 20 minutes en arrivant permet de :
- Diminuer rapidement le taux d'humidité
- Renouveler l'air confiné (concentration d'allèrgènes en suspension)
- Identifier les éventuelles moisissures (odeur caractéristique)
Répéter chaque matin pendant le séjour. Si la chambre n'a pas de fenêtre ouvrante, demander la climatisation en mode déshumidification.
4. Éviter literie en plumes et duvet
Les couettes, oreillers et couvre-lits en plumes ou duvet :
- Retiennent davantage les allèrgènes que les garnissages synthétiques
- Ne peuvent pas être lavés à 60 °C (les plumes s'abîment)
- Peuvent contenir des allèrgènes additionnels (plumes elles-mêmes)
Demander systématiquement une literie synthétique (polyester ou microfibre). La plupart des hôtels disposent d'alternatives sur simple demande.
5. Ranger les vêtements dans des sacs hermetiques
Pour limiter l'exposition de vos vêtements propres aux allèrgènes présents dans la poussière de la chambre :
- Garder la valise fermée quand elle n'est pas utilisée
- Utiliser des sacs en plastique ou en tissu serré pour séparer propre / sale
- Éviter de poser vêtements ou bagages sur les tapis, moquettes épaisses ou peluches
- Préférer suspendre les vêtements dans l'armoire fermée
6. Laver le linge à 60 °C au retour
Dès le retour de voyage :
- Laver immédiatement tout le linge à 60 °C (même propre, sur lequel l'allèrgène peut s'être déposé)
- Pour les pièces non lavables (chaussures, sac à main, accessoires), congélation 24 h à -18 °C
- Aérer la valise vide à l'extérieur ou sur un balcon
- Aspirer l'intérieur de la valise avec un aspirateur HEPA avant rangement
Cas particulier : la haute altitude
Les acariens domestiques Dermatophagoides ne survivent quasiment plus au-delà de 1500-1800 m d'altitude en raison de la baisse de pression atmosphérique et de l'humidité plus sèche. Ce phénomène est documenté depuis les années 1980 (Vervloet et al., 1982).
Historiquement, les centres médicaux de Briançon (France, 1326 m), Davos (Suisse, 1560 m) et Misurina (Italie, 1755 m) ont accueilli des asthmatiques allergiques aux acariens pour des cures climatiques avec des résultats cliniques documentés. Un séjour de plusieurs semaines en altitude permet une réduction marquée des symptômes par éviction naturelle des allèrgènes.
Trousse de voyage pour l'allergique
- Continuer le traitement de fond prescrit (antihistaminiques, corticoïdes nasaux, inhalateurs) même en l'absence de symptômes
- Garder le bronchodilatateur de secours (Ventoline®) accessible en cabine pour les asthmatiques
- Apporter une ordonnance récente et la copie de votre carte vitale / assurance voyage
- Pour les voyages à l'étranger, connaître le numéro d'urgence local (112 en Europe)
- En cas de réaction allergique sévère : signes d'anaphylaxie (gonflement visage/lèvres, gêne respiratoire, malaise) = urgence médicale immédiate
Avant le départ : préparer sa chambre habituelle
Le voyage est une bonne occasion pour réduire la charge allèrgénique de sa propre chambre, qui sera nettoyée pendant votre absence et limitera l'aggravation au retour :
- Laver tout le linge de lit à 60 °C la veille du départ
- Aspirer le matelas et le sommier avec un aspirateur HEPA
- Si vous n'avez pas encore de housses anti-acariens : c'est le moment de vous équiper pour profiter pleinement du retour
- Fermer les fenêtres et baisser le chauffage pendant l'absence pour limiter la prolifération
- Les acariens sont présents partout où les humains dorment, particulièrement dans les literies d'hôtel et de location
- 6 mesures pratiques : housse d'oreiller emportée, hébergement aux normes, aération à l'arrivée, refus plumes/duvet, sacs fermés, lavage 60 °C au retour
- Altitude > 1500-1800 m = acariens quasi-absents (Vervloet 1982) — ressource pour les asthmatiques sévères
- Continuer le traitement de fond pendant les vacances
- Garder une trousse d'urgence (bronchodilatateur, antihistaminique) accessible
- Au retour : lavage 60 °C immédiat + congélation des pièces non lavables
Cet article est publié par Acar-Housses®, fabricant français de housses anti-acariens (dispositif médical de classe I). Nos recommandations s'appuient sur les recommandations de l'AAAAI (Portnoy 2013) et sur des données scientifiques publiées (Vervloet 1982 sur l'altitude). Cet article a une vocation informative pratique et ne se substitue pas à une consultation médicale. Tout traitement médicamenteux doit être prescrit par un médecin.
FAQ — Allergie aux acariens en voyage
Pourquoi mon allergie aux acariens s'aggrave-t-elle en voyage ?
Plusieurs facteurs convergent : literies inconnues parfois chargées en allèrgènes, climat humide ou chaud favorisant la prolifération, coussins en plumes/duvet, décalage horaire et fatigue, et parfois arrêt du traitement de fond pendant les vacances.
Y a-t-il moins d'acariens en altitude ?
Oui, scientifiquement documenté. Au-delà de 1500-1800 m d'altitude, les acariens domestiques disparaissent quasi-totalement (baisse de pression atmosphérique + humidité plus sèche). Les centres médicaux de Briançon, Davos et Misurina sont historiquement recommandés aux asthmatiques allergiques aux acariens.
Comment voyager quand on est allergique aux acariens ?
Six mesures : (1) housse d'oreiller anti-acariens emportée ; (2) hébergement aux normes (lavage 60 °C) ; (3) aération de la chambre dès l'arrivée ; (4) refus plumes/duvet ; (5) sacs fermés pour les vêtements ; (6) lavage 60 °C au retour. Continuer le traitement de fond et garder une trousse d'urgence.
Faut-il continuer son traitement allergie pendant les vacances ?
Oui. Les antihistaminiques, corticoïdes nasaux et inhalateurs prescrits doivent être poursuivis en voyage, même sans symptôme apparent. L'arrêt prématuré expose à des récidives. Pour les asthmatiques, garder un bronchodilatateur de secours accessible.
Les hôtels ont-ils plus d'acariens que les locations particulières ?
Pas nécessairement. La charge allèrgénique dépend de la fréquence du changement de literie, de la température de lavage et de l'âge du matelas. Les hôtels suivent des protocoles plus stricts mais leurs matelas peuvent être anciens. Privilégier les établissements transparents sur leurs procédures d'entretien.
Que faire au retour pour éviter de ramener des acariens ?
Trois mesures : (1) lavage immédiat de tout le linge à 60 °C ; (2) congélation 24 h à -18 °C des pièces non lavables ; (3) aération de la valise vide. Les acariens domestiques ne sont pas une infestation contagieuse : le risque est l'apport d'allèrgènes supplémentaires dans votre chambre habituelle.
Sources scientifiques et médicales
- Portnoy J et al., AAAAI Practice Parameter, Ann Allergy Asthma Immunol, 2013 — PMID 24267359 (recommandations américaines)
- Vervloet D et al., altitude et acariens, 1982 — PMID 7068790 (étude référence sur la disparition des acariens en altitude)
- Murray CS et al., AJRCCM, 2017 — PMID 28282501 (-45 % d'hospitalisations grâce aux housses anti-acariens)
- CHU de Nantes — Fiche de prévention de l'allergie aux acariens
- Classification CIM-10 J30.4 — Rhinite allergique due aux acariens
- IUIS Allergen Nomenclature — Der p1, Der p2
- Glossaire de l'allergie aux acariens — 14 définitions techniques
- Méthodologie et sources scientifiques Acar-Housses®
Article mis à jour en mai 2026. Rédigé par Philippe Coustillac, Docteur en Pharmacie diplômé de la Faculté de Pharmacie de Marseille (1984), fondateur d'Acar-Housses® depuis 1994.
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